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EDITO N° 14 - Mardi 21 octobre 2008.
RETOUR AU FRONT ET COMPTEUR BLOQUE
  
Après avoir frisé les platyoffs en Pro B, assuré la montée en N3 et affirmé la qualité de sa formation de jeunes la saison passée, le club est reparti pour la 55e année. Sur fond de changement de président, avec du boulot en perspective sur le terrain et surtout un gros chantier en dehors.  
  
EDITO N° 1 - Jeudi 13 septembre 2007.
L'EDITO N°14 de Manu GROS

1. Le Projet AUC.

  
Avec les moyens de sa petite entreprise et ses idées, Michel Oliveri a mis le pied à l’étrier au nouveau projet AUC. À savoir, l’imbrication de trois entités indissociables :  Un club formateur masculin où les jeunes de la région peuvent apprendre à très bien jouer au volley. Une équipe fanion maintenu en division pro pour permettre aux meilleurs d’entre eux de s’y exprimer sans être obligés de s’exporter. Une équipe senior B, évoluant à un niveau intermédiaire suffisant pour assurer la passerelle et permettre de n’abandonner personne en route. Somme toute, ce que réussit à faire Asnières depuis des années en encadrant les jeunes en question avec la juste dose de talents confirmés. Salut à André Patin, bravo au club parisien qui maintient ce cap depuis longtemps et bravo à nous qui l’avons pris contre vents et marées.
  

13. Moi y'en a vouloir des sous et surtout une salle qui en rapporte.

2. Le nerf de la guerre.

  
Eole et Neptune nous ramenant aux histoires d’argent, dans certains coins de l’hexagone, nul besoin de se soucier des minots du coin et de leur futur épanouissement à bon niveau pour récolter un tas de pépettes. Sachant qu’on peut participer à une coupe d’Europe de volley type CEV, avec le plus petit budget de Pro D2 rugby et un recrutement malin ; des collectivités locales sautent sur l’occasion de voir leur nom apparaître à peu de frais dans les colonnes de l’Équipe. Peu importe si 100% des joueurs qui portent le maillot viennent de Nanterre ou Vladivostock et y retournent une fois leur contrat échu. D’autant si les autres sports locaux ne brillent guère par leur nombre et le niveau qu’ils ont atteint.
Cette dernière phrase n’est pas de mise en Pays d’Aix.

Primo, le gâteau des subventions et à partager entre 200 associations sportives. Deuzio, depuis quelques années, lors  du challenge annuel Sport Santé, Antoine Crespi ne sait plus où mettre les sélectionnés olympiques et les athlètes trustant les podiums mondiaux en individuel. Côté sports-co, outre les précurseurs qu’ont été basket féminin et foot américain, outre water-polo, cousins aucistes du hand et cousines volleyeuse de Venelles, le rugby a fait un joli trou en montrant le chemin question développement du partenariat privé et séduction des pouvoirs publics.

  
Notre président ayant passé la main lors de la récente assemblée générale extraordinaire, c’est cet exemple que la nouvelle équipe dirigeante a déjà commencé à suivre. La première citoyenne aixoise et taulière de la CPA Maryse Joissains a annoncé qu’après avoir œuvré pour la culture, son deuxième mandat serait consacré au sport. De fait, elle a promis au nouvel adjoint Gérard Taulan de tout faire pour augmenter son budget de 1% par an.

La première dame est ce qu’elle est. Sa personnalité comme son bord politique peuvent plaire ou déplaire mais on ne peut lui reprocher son inaction. Qui de l’infrastructure ou de l’appareil associatif, profitera le mieux de ces louables intentions ? Cela, on ne le sait pas encore mais, fort de 10% des ressources municipales (on part de 4% et des poussières…) tout le monde devrait finir par y retrouver son compte.

Le plus petit budget de Pro B qu’est le nôtre deviendrait bien plus grand, alors ? Hop là, les candides ! Rangez vos sébiles, remettez vos mains dans les poches et relisez ce qui est écrit plus haut. Si la promesse aboutit, l’augmentation de la manne sera progressive et ce colossal 10%, ne deviendra effectif qu’en bout de sextennat, à l’horizon 2014. Ce jour-là, venez faire un tour place de la Rotonde. Le vieil aixois que je suis se baignera tout nu dans la fontaine pour être sûr qu’il ne rêve pas.
On n'en est pas là. La mairie a déjà fait un premier effort 2008-2009 en nous garantissant un versement qui parera au plus pressé.
Ceci étant, le besoin de fonds restant aussi urgent qu'important, ce jour, il y a d’autre gens à mouiller à la hauteur de leurs moyens. Des mécènes qui seront la bienvenue s’ils ont un faible pour le volley et surtout des partenaires avec qui échanger.

Quoi leur offrir ? Déjà une synergie d'image avec notre saine discipline, notre tradition universitaire et un projet aixois associant la performance à l’utilité locale. Itou le rapport qualité-prix, en leur rappelant le faible coût d'une équipe européenne déjà évoqué au début de cet édito. De même,  l'implantation sociale, sportive et  festive de notre club dans le paysage régional. Pour finir, un espace convivial d'échanges commerciaux, le temps d'un match ou d'une rencontre « off » avec les joueurs et dirigeants.

Y'a de quoi faire et la future participation à une émission télé sur France 3 devrait aider à étendre le rayon de notre filet  au-delà de ses zones de pêche traditionnelles. Itou un match amical à Aix face l’équipe d’Angleterre, viendra peut-être enrichir notre panel évènementiel.  

Moi y'en a vouloir des sous. Toi y'en a vouloir des sous... Nos partenaires y'en a vouloir de sous.... Même Wall Street y'en a vouloir des sous ! Tout le monde est logé à la même enseigne et d’autant plus en ces périodes d'économie angoissante. Certains pour frimer dans de stupides bagnoles hors de prix, d’autres pour d’essentielles questions de survie et nous, pour mener de belles aventures humaines. C'est çà qui fait la différence mais bref...  Assez parlé de choses aussi froides que l'argent. Revenons à la bouillante marmite de notre dada plumitif préféré : le jeu !


  

3. Et nous partîment fédérer.

  

3. Et nous partîment fédérer.

  

4. Le derby des extrèmes.

  
Calendrier faisant, le championnat de Pro B nous a immédiatement fait rentrer au plus chaud de l’action via un bon vieux combat contre notre voisin marseillais. Derby donc et même derby des extrêmes côtés ambitions.

A ma gauche, l’Aix UC pour qui, cette saison encore, ce sera d’abord le maintien. Les frangins Marion étant partis s’exprimer ailleurs, on ne peut plus compter sur la dimension athlétique et la valeur ajoutée de leur talent qui pouvait nous permettre de battre n’importe qui sur un match.
Le puissant Petko Kolev (une armoire normande de 2m) fera peut-être oublier le départ de Guigui Marion s’il s’adapte rapidement à la division (il jouait en N2) mais il aura déjà raté les deux premières journées faute de qualification et s’est entorsé la cheville après deux sets convaincants dans la 3e.
 
Ce qui est sûr, c’est qu’avec l’arrivée des Lavagne, Ramirez et Boutin, l’équipe ne perd rien en technique. Aussi qu’elle compense par l’envie, la concentration et  la combativité ce qu’elle a abandonné en hauteur.
Chez les anciens ? 
Au centre, Hamadi Louati reste un des plus gros clients de Pro B. Kevin Bourse, lui, découvre le poste à ce niveau, mais Juju Laporte tient déjà la route tout un match.
En pointe, Andrei Piletski n’a plus ses jambes de 20 ans, mais il connaît toujours la musique et le rapide Nico Shram continue de progresser.
En bout de fil, Ben Uguet est toujours notre « Docteur J ».
Dans la solitude du libero, Jean-Phi Daguerre a redémarré sur des stats en béton.

Pour finir, on sait que le coach Eric Moricet tirera le maximum de ce petit monde. Voilà pour Aix.
Passons à Marseille. A ma droite,  musique diamétralement opposée avec une grosse artillerie, contrainte et forcée de monter. Là, maintenant tout de suite ? Oui, oui… En matière d’image, la municipalité phocéenne ne fait pas dans la dentelle. Pour accrocher le statut de 2e ville de l’hexagone, il lui faut le must. Le discours tenu au président Bruno Michelangelli par l’équipe de Jean-Claude Gaudin a donc été clair : « En dessous de la Pro A, vous n’existez pas. Débrouillez-vous pour y arriver et ensuite on vous aidera. »
Quelle morgue magnifique ! Etre bombardé capitale européenne de la culture 2013, c’est juste un encouragement à se bouger dans un domaine où l’on n’a rien fait ou presque. Et monter en Pro A, à l’inverse, cela s’acquiert et se mérite en faisant. Bon, à chacun ses soucis et chacun ses élus… Même s’il y est allé plus d’une fois de ses deniers personnels, l’ami Michelangelli n’est pas seul. A l’instar d’un solide club- entreprise, le Conseil général le soutient.
Volonté et concours de circonstances aidant, l’homme a réussi à monter une superbe équipe pour pas trop cher. Au centre, le globe-trotter Strehlau, le polyvalent bodyguard M’bama et surtout Dominique Daquin qui ne compte plus ses capes en équipe de France. A la passe, Guttierez, un Argentin à la distribution lisible mais fiable qui ne donne pas sa part au chien en défense. A la pointe, l’opiniâtre voire têtu cogneur Fred Havas. Libero : l’ancien auciste Lolo Benhayoun (affûté comme jamais côté pondéral). En bout de filet, le compétiteur Christophe Leberre qui sait ce que lutter veut dire et rien de moins que le meilleur marqueur de la dernière finale de Pro A : Hicham Esseddyq, propulsé dans la stratosphère par sa détente et ses 2,06 m.  Assez haut pour impressionner un Loïc De Kergret que sa longue carrière internationale a pourtant habitué à côtoyer les hélicoptères. Rajoutez des valeurs régionales qui font la maille comme les frères Peray ou Fred Seguin, un entraîneur expérimenté comme Jean-Marc Biasio, vous avez ce qu’il faut pour terminer dans les trois premiers, ce qui suffit pour monter cette saison. A condition d’accepter les combats hebdomadaires qui font le charme de la Pro B toutefois. Déjà contre les soi-disant « petits » comme Aix…

5. Deux heures de baston qui ont donné le ton.

  

Copyright Manu GROS - Octobre 2008.

Nos gars ont mis d’entrée les Marseillais au parfum avec une entame épatante. D’abord en martyrisant Esseddyq au service jusqu’à le faire sortir et en défendant tout ce qui ne ressemblait pas à un missile définitif. Ensuite, en réceptionnant au cordeau pour permettre à Ramuncho  Ramirez de balader le block adverse. Julien Lavagne et Ben Uguet en ont profité pour sortir la panoplie en bout de filet, idem Nico Shram pour jouer les cobras avec sa patte gauche et idem Hamadi Louati pour se promener au centre.

De quoi stupéfier les travées de Carcassonne en menant 23-17 dans la première manche. Moment  où nous avons hélas été coincé sur une ligne par le block défense marseillais en colère. Avec une solution sur le banc, l’AUC aurait sûrement gagné ce set. Il n’y en avait pas ce soir-là. 25-23 pour Marseille…

Râlant, mais pas décourageant. Nouveau combat de titan au 3e où Havas & Co s’étaient détachée avant qu’on les recolle 23-23 à force de défenses miracles. Une bonne option au contre de Dom Daquin qui sautait à fond sur Louati pour annihiler une belle relance aixoise et les Phocéens s’en tiraient encore à bon compte dans le monney-time.
Assommés mentalement par ce deuxième coup de bambou les Aucistes ? Rien du tout ! En avant la défense, en avant les blocks et en avant le récital d’un Lavagne au four et au moulin. Une attaque out de Essedyq et nous n’étions plus fanny.

2 sets à 1, c’est le moment qu’à choisi la fatigue pour se faire sentir. Au 4e, qualité et quantité du banc ont logiquement parlé et Marseille a déroulé pour boucler sur un 3-1.
Honneur amplement sauvé et public plus que régalé donc mais dommage, ce premier set qui aurait pu rapporter un point. Voire plus parce qu’on aurait bien aimé voir comment les troupes d’élite du général Biasio auraient réagi en étant menées au score dès leur première sortie officielle… Tant pis pour nous de ne pas avoir saisi l’occase. On leur a souhaité bonne chance pour la suite devant une bière.

6. Perdus dans la brume à Saint-nazaire.

  
Une semaine plus tard, c’était à nous de partir à l’export. Pour le coup, toujours sans Andreï Piletski et Petko Kolev. On a pu mesurer le peu de marge dont nous disposions. Un voyage en train mal digéré (pas assez de sous pour partir en avion comme les autres années), un peu de grogne sur le terrain et nous n’avons existé que lors de la première manche cédée 26-28. Ensuite, le néant… Tout bénef pour le très stable effectif Nazairien de Roger Vallée. Un match et une semaine à oublier.

7. Canteleu et ses mauvais souvenirs aixois.

  
L’avantage d’un sport où les compétitions sont cadencées hebdomadairement, c’est de pouvoir se remettre en selle rapidement.
De meilleures nouvelles étant tombées pour l’équipe dirigeante, le sportif s’est mis à l’unisson. On a retrouvé l’AUC vue contre Marseille et même une AUC enfin au complet. Les deux costauds Andrei et Petko étaient enfin qualifiés. Canteleu en a fait les frais.

Comme l’an passé, de la cité du roi René, les Cantamessi et autre Morelle ne ramèneront comme bon souvenir qu’un tour sur le Cours Mirabeau s’ils ont eu le temps d’y aller.

Eric Moricet ayant gardé ses fiches, les grandes lignes du plan de jeu 2007-2008 ont été appliquées avec succès. Aux 3 m, le pointu slovaque Ostrihon a ainsi encore été puni par le block aixois dès qu’il est venu sur son angle intérieur préféré. Restait à enquiquiner Stanley Ces au service pour finir de perturber le système adverse et à utiliser nos armes cette saison, il n’est décidément pas facile de faire tomber un ballon par terre dans la Halle Carcassonne. De Daguerre à Uguet en passant par Lavagne, la moindre miette est ramassée. On se souviendra du second larron remettant en jeu un Mikasa parti comme une fusée à 20 cm du sol et du troisième plongeant pour ramener une gonfle déviée par le contre dans le banc des remplaçants.

Petko Kolev ayant montré l’étendue de son potentiel avant de se blesser à la fin du 2e set, un Ramirez super inspiré et tirant le maximum de ses centraux s’est chargé de plier l’affaire en 3 sets. Et un, et deux et trois zéro. Ce ne sera pas aussi facile au retour dans le très chaud gymnase Rabelais (avec un nom pareil) ou Canteleu aura récupéré son immense central Vavrek mais c’est déjà ça dans la poche.

Venu en spectateur, l’adjoint aux sports nous confiait tirer son chapeau aux joueurs de garder ce plaisir de jouer dans des conditions extra sportives aussi difficiles. Ceci expliquant cela, le plaisir, c’est la seule chose qui ne se monnaye pas, alors, tâchons de le garder. Contre vents et marées…

8. Deux sur trois pour la N3.

  
Pendant ce temps, la N3 taille sa route. Après une première victoire 3-2 contre Arles qui a sollicité les matures guiboles de notre nouveau manager général Arnaud Robveille, le groupe de Crevette Hollander a confirmé nettement avec un 3-0 face à Balma       avant de céder 3-1 à la Croix d’Arent où il n’est jamais facile de se déplacer. Bon tableau de marche donc en attendant de récupérer Mathieu Siegl qui traîne encore la patte mais se rattrape en gueulant fort dans les travées des matches de la Pro B : « Allez l’AUC ! »   Elle n’est pas morte.
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