Calendrier faisant, le championnat de Pro B nous a immédiatement fait rentrer au plus chaud de l’action via un bon vieux combat contre notre voisin marseillais. Derby donc et même derby des extrêmes côtés ambitions.
A ma gauche, l’Aix UC pour qui, cette saison encore, ce sera d’abord le maintien. Les frangins Marion étant partis s’exprimer ailleurs, on ne peut plus compter sur la dimension athlétique et la valeur ajoutée de leur talent qui pouvait nous permettre de battre n’importe qui sur un match.
Le puissant Petko Kolev (une armoire normande de 2m) fera peut-être oublier le départ de Guigui Marion s’il s’adapte rapidement à la division (il jouait en N2) mais il aura déjà raté les deux premières journées faute de qualification et s’est entorsé la cheville après deux sets convaincants dans la 3e.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec l’arrivée des Lavagne, Ramirez et Boutin, l’équipe ne perd rien en technique. Aussi qu’elle compense par l’envie, la concentration et la combativité ce qu’elle a abandonné en hauteur.
Chez les anciens ?
Au centre, Hamadi Louati reste un des plus gros clients de Pro B. Kevin Bourse, lui, découvre le poste à ce niveau, mais Juju Laporte tient déjà la route tout un match.
En pointe, Andrei Piletski n’a plus ses jambes de 20 ans, mais il connaît toujours la musique et le rapide Nico Shram continue de progresser.
En bout de fil, Ben Uguet est toujours notre « Docteur J ».
Dans la solitude du libero, Jean-Phi Daguerre a redémarré sur des stats en béton.
Pour finir, on sait que le coach Eric Moricet tirera le maximum de ce petit monde. Voilà pour Aix.
Passons à Marseille. A ma droite, musique diamétralement opposée avec une grosse artillerie, contrainte et forcée de monter. Là, maintenant tout de suite ? Oui, oui… En matière d’image, la municipalité phocéenne ne fait pas dans la dentelle. Pour accrocher le statut de 2e ville de l’hexagone, il lui faut le must. Le discours tenu au président Bruno Michelangelli par l’équipe de Jean-Claude Gaudin a donc été clair : « En dessous de la Pro A, vous n’existez pas. Débrouillez-vous pour y arriver et ensuite on vous aidera. »
Quelle morgue magnifique ! Etre bombardé capitale européenne de la culture 2013, c’est juste un encouragement à se bouger dans un domaine où l’on n’a rien fait ou presque. Et monter en Pro A, à l’inverse, cela s’acquiert et se mérite en faisant. Bon, à chacun ses soucis et chacun ses élus… Même s’il y est allé plus d’une fois de ses deniers personnels, l’ami Michelangelli n’est pas seul. A l’instar d’un solide club- entreprise, le Conseil général le soutient.
Volonté et concours de circonstances aidant, l’homme a réussi à monter une superbe équipe pour pas trop cher. Au centre, le globe-trotter Strehlau, le polyvalent bodyguard M’bama et surtout Dominique Daquin qui ne compte plus ses capes en équipe de France. A la passe, Guttierez, un Argentin à la distribution lisible mais fiable qui ne donne pas sa part au chien en défense. A la pointe, l’opiniâtre voire têtu cogneur Fred Havas. Libero : l’ancien auciste Lolo Benhayoun (affûté comme jamais côté pondéral). En bout de filet, le compétiteur Christophe Leberre qui sait ce que lutter veut dire et rien de moins que le meilleur marqueur de la dernière finale de Pro A : Hicham Esseddyq, propulsé dans la stratosphère par sa détente et ses 2,06 m. Assez haut pour impressionner un Loïc De Kergret que sa longue carrière internationale a pourtant habitué à côtoyer les hélicoptères. Rajoutez des valeurs régionales qui font la maille comme les frères Peray ou Fred Seguin, un entraîneur expérimenté comme Jean-Marc Biasio, vous avez ce qu’il faut pour terminer dans les trois premiers, ce qui suffit pour monter cette saison. A condition d’accepter les combats hebdomadaires qui font le charme de la Pro B toutefois. Déjà contre les soi-disant « petits » comme Aix…